Abbé de Saint-Denis au VIIIe siècle, Fulrad fut un diplomate influent auprès des rois carolingiens et des papes, jouant un rôle clé dans la donation de territoires italiens à l'Église. Fondateur de plusieurs monastères en Alsace, notamment Saint-Hippolyte et Lièpvre, il est le seul abbé de sa prestigieuse abbaye à porter le titre de saint.
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S. FULRAD, ABBÉ DE SAINT-DENIS, PRÈS PARIS,
Missions diplomatiques en Italie
Fulrad agit comme médiateur entre Pépin le Bref et les Lombards, assurant la restitution de territoires à la papauté.
Astolphe, roi des Lombards, faisait continuellement la guerre au souverain pontife Etienne, et menaçait d'envahir la ville de Rome ; le Pape demanda du secours à Pépin. Celui-ci força le roi des Lombards à un accommodement et envoya l'abbé Fulrad l'abbé Fulrad Pépin envoya l'abbé Fulrad en Italie. en Italie pour s'entendre avec lui sur la restitution de l'exarchat de Ravenne Ravenne restitution de l'exarchat de Ravenne. et de la Pentapole ; mais le monarque lombard ne remplit pas les conditions de ce traité, c'est pourquoi Pépin l'obligea de nouveau à accepter des conditions plus dures encore : vingt villes furent évacuées par Astolphe, et Fulrad, chargé une seconde fois d'aplanir les difficultés de la convention, apporta à Rome les clefs de ces cités et les déposa sur le tombeau de saint Pierre, pour en faire, au nom de son roi, donation à l'Église, quoique toujours sous la suzeraineté des rois de France. Par ce moyen, l'Église de Rome parvint à la possession paisible des villes de Ravenne, Rimini, Pesaro, Césène, etc.
Fondations et rôle politique
Autorisé par le pape Étienne III, Fulrad fonde six monastères et intervient à nouveau en Italie pour stabiliser le règne de Didier.
On conserve encore une bulle du pape Etienne III Etienne III bulle du pape Etienne III, donnée le 16 février 752. , donnée le 16 février 752, dans laquelle ce Pontife permet à Fulrad de bâtir des monastères dans les terres qui lui appartiennent en propre ou qui lui seraient données. Fulrad fonda six monastères ou prieurés et plusieurs églises : deux de ces monastères existaient en Alsace Alsace deux de ces monastères existaient en Alsace. . Mais, au milieu de ses travaux, le saint homme ne laissa point de se rendre toujours utile à son pays ; car, après la mort du roi Astolphe, Didier Didier Didier, par les dispositions de Fulrad, fut couronné roi. , roi des Lombards, chercha à reconquérir les villes qui avaient été cédées au Saint-Siège et prit les armes. Fulrad reparut en Italie : son éloquence et ses manières conciliatrices, jointes à la force des preuves qu'il alléguait, firent renoncer Didier à ses entreprises, et celui-ci, par les dispositions de Fulrad, fut couronné roi du pays qu'il allait dévaster. Le Pape et toute l'Italie lui témoignèrent la plus vive reconnaissance pour l'heureux succès de cette négociation.
Fin de vie et legs à Saint-Denis
Fulrad lègue ses biens à l'abbaye de Saint-Denis avant de mourir en 784 ; son corps est plus tard transféré à Liepvre.
Fulrad Fulrad Fulrad assista à l'assemblée d'Attigny-sur-Aisne. assista à l'assemblée d'Attigny-sur-Aisne et reçut de la noblesse française toutes les marques de l'estime la plus profonde. Il fit son testament en 777, à Béristal, et donna tous ses biens, monastères, églises, etc., à l' abbaye de Saint-Denis abbaye de Saint-Denis donna tous ses biens à l'abbaye de Saint-Denis. . Sa précieuse mort arriva le 16 juillet 784 : il est le seul des abbés de Saint-Denis auquel on donna le titre de Saint. Le célèbre Alcuin composa son épitaphe. On l'enterra d'abord dans l'église de Saint-Denis ; mais son corps fut transporté plus tard au monastère de Liepvre monastère de Liepvre son corps fut transporté plus tard au monastère de Liepvre. , où il fut honoré le 17 février, jour de sa translation.
Le monastère de Saint-Hippolyte
Fulrad fonde Audaldevillers, y dépose les reliques de saint Hippolyte, donnant naissance à la ville éponyme.
Le premier monastère que l'Alsace dut à la générosité de Fulrad, fut celui qu'il fit construire dans un endroit nommé Audaldevillers Audaldevillers monastère qu'il fit construire dans un endroit nommé Audaldevillers. , et qu'il dédia au martyr saint Hippolyte saint Hippolyte Il y déposa le corps de ce saint martyr. . Il y déposa le corps de ce saint martyr, qu'il avait obtenu, vers l'an 764, du pape Paul, avec plusieurs autres reliques, dont il enrichit les monastères de sa fondation. Les pèlerinages que les fidèles entreprirent pour aller vénérer les reliques de saint Hippolyte, firent bientôt oublier le nom d'Audaldevillers, et la petite ville qui se forma autour du monastère prit et conserva jusqu'à nos jours le nom de ce saint martyr. Mais les reliques de saint Hippolyte ne restèrent pas longtemps dans cet endroit ; car une charte de Charles le Chauve, de l'année 862, nous apprend que dès lors elles avaient été transférées dans l'abbaye de Saint-Denis avec celles de saint Cougat saint Cougat reliques de saint Cougat ou Cucufas, martyrisé à Barcelone. ou Cucufas, martyrisé à Barcelone le 25 juillet 304 sous l'empire de Dioclétien.
Le monastère de Liepvre
Fondation du monastère de Liepvre (Fulradviller) et transfert de reliques prestigieuses, dont celles de saint Cougat.
Le second monastère dû à Fulrad fut celui qui prit le nom du fondateur même ; mais plus tard le nom de Fulradviller Fulradviller le nom de Fulradviller fut changé en celui de Liepvre. fut changé en celui de Liepvre ou Leberau, de la rivière de Leberaka, sur laquelle il était situé. Ce monastère donna son nom à un village qui s'est formé autour. Fulrad céda à ce monastère plusieurs biens qui lui appartenaient et la plupart de ceux qui lui avaient été donnés par Widon et Chrodbarde, deux seigneurs alsaciens. Il y déposa des reliques du pape saint Alexandre et de saint Cougat. Les reliques de saint Cougat furent apportées en France par Charlemagne Charlemagne Les reliques de saint Cougat furent apportées en France par Charlemagne. , et ne restèrent au monastère de Liepvre que jusqu'en 835, époque à laquelle Hilduin, abbé de Saint-Denis, les fit transporter, le 25 août, dans son abbaye, où elles furent honorées depuis.
L'ancienne église de Liepvre subsistait encore au milieu du dernier siècle : elle fut démolie en 1751. On voyait peinte sur les vitres l'image de saint Fulrad, avec ces mots : *Domus mea cumeta Deo hic*, et, de l'autre côté, le portrait de Charlemagne, avec cette inscription : *Fiant que jubeo*. Richier, dans sa *Chronique de Senones*, parle aussi d'un pavé de marbre en mosaïque, fort curieux, que l'on attribuait à Charlemagne et que l'on voyait aussi à Liepvre.
Évolutions historiques et conflits
Histoire mouvementée des prieurés alsaciens, entre destructions de guerre et transferts de juridiction vers les ducs de Lorraine.
Ces deux maisons, étant dans leur origine du diocèse de Strasbourg, devinrent des prieurés de l' Ordre de Saint-Benoît Ordre de Saint-Benoît devinrent des prieurés de l'Ordre de Saint-Benoît. et dépendirent de l'abbaye de Saint-Denis jusqu'au XIVe siècle. La petite ville de Saint-Hippolyte fut incendiée, avec son monastère, en 1286, par Anselme, comte de Ribeaupierre, alors en guerre avec l'empereur Rodolphe de Habsbourg ; elle eut le même sort en 1326, et fut prise et rasée par Léopold, duc d'Autriche, parce que Louis d'Oettingen, landgrave de la basse Alsace et seigneur de Saint-Hippolyte, s'était révolté contre lui et déclaré pour Louis de Bavière, son rival. Ce n'est que vers l'an 1400 que les ducs de Lorraine s'emparèrent de Saint-Hippolyte et de Liepvre, en vertu de la juridiction qu'ils exerçaient sur les deux monastères et qu'ils avaient obtenu au XIIe siècle.
Les abbés de Saint-Denis se pourvurent, en 1404, auprès du roi Charles VI, pour se faire restituer les prieurés ; mais ils ne furent point écoutés, et ce sont ces ducs qui les unirent à la collégiale de Saint-Georges de Nancy, en vertu d'une bulle du pape Alexandre VI, du 16 avril 1502. Lorsque cette collégiale fut elle-même réunie, en 1742, à la primatiale de cette ville, les deux prieurés revinrent aussi à la même église.
Sites religieux environnants
Évocation de Bergheim, des Templiers et du pèlerinage de saint Maximin à Guémar.
À quelque distance de Saint-Hippolyte est située la petite ville de Bergheim, près de laquelle on voyait autrefois une maison de Templiers Templiers on voyait autrefois une maison de Templiers. et la chapelle de Saint-Pierre, paroisse du village de Bergheim-Weiller. Lors de la suppression de l'Ordre des Templiers, en 1312, leur maison fut annexée au préceptorat des chevaliers de Malte de Schelestadt. Près de Guémar est le célèbre pèlerinage en l'honneur de saint Maximin, évêque de Trèves. L'église fut construite en 1262 par Ulrich, comte de Ribeaupierre. Ses successeurs se montrèrent toujours fort généreux envers cette église et s'y rendaient tous les ans avec toute leur cour, pour y recevoir la sainte communion.
Voir l'Histoire des Saints d'Alsace, par l'abbé Hunckler.
Annexes & entités liées
Données structurées pour l'exploration : événements, miracles, citations, lieux, attributs, patronages et entités importantes citées dans le texte.
Événements marquants
- Négociations diplomatiques entre Pépin le Bref et le roi Astolphe en Italie
- Donation des clefs de vingt cités au Pape sur le tombeau de saint Pierre
- Obtention d'une bulle du pape Etienne III en 752 pour bâtir des monastères
- Médiation réussie auprès du roi Didier pour la restitution de villes au Saint-Siège
- Participation à l'assemblée d'Attigny-sur-Aisne
- Rédaction de son testament à Béristal en 777
- Translation de son corps au monastère de Liepvre
Citations
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Domus mea cumeta Deo hic
Inscription sur vitrail à Lièpvre