1er mai 5ᵉ siècle

Saint Orens d'Auch

Évêque d'Auch

Fête
1er mai
Décès
1er mai (Ve siècle) (naturelle)
Nom latin
Orientius
Catégories
évêque , ermite , confesseur , poète
Époque
5ᵉ siècle
Lieux associés
Huesca (ES) , Urgel (ES)

Noble d'Aragon devenu ermite dans les Pyrénées, Orens fut désigné par une voix céleste pour devenir évêque d'Auch au Ve siècle. Poète chrétien et diplomate, il lutta contre le paganisme et servit de médiateur entre les Wisigoths et les Romains avant de mourir en odeur de sainteté.

Lecture guidée

7 sections de lecture

SAINT ORENS, ÉVÊQUE D'AUCH

Vie 01 / 07

Élection et origines

Après la mort de saint Ursinien, Orens est désigné évêque d'Auch par une voix céleste. Il est né à Huesca au sein d'une famille noble et pieuse.

Saint Orens succéda à saint Ursinien saint Ursinien Saint Orens succéda à saint Ursinien. , un de ces Pontifes dont les vertus ne sont point parvenues jusqu'à nous, et dont le culte a péri en traversant le cours des âges. À sa mort, on songea à donner à l'église d'Auch l'église d'Auch On songea à donner à l'église d'Auch un pasteur. un pasteur, qui fit revivre celui qu'elle pleurait. Or, dans ces temps de foi simple et naïve, les hommes, comprenant leur impuissance, tournaient leurs vœux et leurs espérances vers le ciel, et souvent se reposaient uniquement sur lui du soin de choisir. On ordonna à cet effet un jeûne public et des prières solennelles, et Dieu se plut à les exaucer d'une manière sensible. Quand le clergé et le peuple furent réunis pour l'élection, une voix d'en haut prononça le nom d'Orens.

Il était né à Huesca Huesca Il était né à Huesca, sur la frontière d'Aragon. , sur la frontière d'Aragon, d'un père que les légendaires font comte ou gouverneur d'Urgel, ce qui a porté plusieurs biographes à lui donner cette ville pour patrie. Son éducation répondit à la noblesse et à la piété des auteurs de ses jours, qui sont honorés l'un et l'autre d'un culte public sous le nom de saint Orens et de sainte Patience sainte Patience honorés l'un et l'autre d'un culte public sous le nom de saint Orens et de sainte Patience. .

Vie 02 / 07

Retraite et ascétisme

Guidé par un ange vers la vallée de Lavedan, Orens mène une vie d'ermite marquée par des miracles et une pénitence extrême dans une grotte isolée.

Il fit en peu de temps de grands progrès dans les lettres et de plus grands encore dans les voies du salut. Le Seigneur, qui le destinait à devenir un des ornements de son sacerdoce, l'arracha du sein de sa famille, au moment où tous les biens et tous les honneurs de sa maison passaient sur sa tête par la mort de son frère aîné. Un ange l'avertit et le conduisit comme par la main dans la vallée de Lavedan vallée de Lavedan Un ange l'avertit et le conduisit comme par la main dans la vallée de Lavedan. , à quelques heures de Tarbes.

Tandis que le pieux jeune homme mettait tous ses soins à se cacher au monde, Dieu sembla se plaire à le glorifier. La réputation de sa sainteté et le bruit des miracles qui la signalaient, se répandirent bientôt de toutes parts : on vit les peuples accourir en foule vers le lieu de sa retraite. Ils ne venaient y chercher qu'un remède à leurs infirmités, et ils trouvaient dans les prières et les avis charitables du serviteur de Dieu la santé de leur âme avec celle de leur corps.

Cependant le vertueux solitaire s'alarma de ce concours. Il craignit les séductions d'un amour-propre que tout éveillait, et afin de se dérober à tant d'empressement, il quitta la vallée de Lavedan et gravit le sommet d'une roche escarpée, qui, à son approche, se partageant en deux, parut ouvrir son sein pour lui prêter un asile ignoré et presque invisible. Dans cette roche profonde, caché aux regards des hommes, mais sous l'œil de Dieu, il se livra aux veilles, aux jeûnes, aux macérations, à toutes les rigueurs de la plus austère pénitence. « Là », nous dit un de ses anciens biographes, « les herbes étaient sa viande, l'eau sa boisson, sa maison un antre, le ciel son toit, la terre son lit et un rude cilice son vêtement ». Cet esprit de mortification le suivait jusque dans ses prières. Tous les jours il récitait le psautier, les reins ceints d'une chaîne de fer et plongé jusqu'à mi-corps dans un bassin d'eau froide.

Postérité 03 / 07

Le Commonitorium

Durant sa retraite, il compose le Commonitorium, un poème élégiaque sur la fragilité de la vie et le chemin vers le salut.

Les heures que lui laissaient ses exercices religieux, il les consacrait à la composition d'un poème remarquable pour l'époque, et dont quelques écrivains ont voulu faire honneur à des Orens qui n'existèrent jamais. Partagé en deux livres et composé de vers élégiaques, il a pour titre * Commonitorium Commonitorium Partagé en deux livres et composé de vers élégiaques, il a pour titre Commonitorium. * ou *Avertissement* : c'est une peinture des divers obstacles qui s'opposent à notre salut et une sorte de guide vers le ciel. Il respire une douce et sainte mélancolie, comme les malheurs de l'empire et l'aspect d'une nature abrupte et sauvage devaient facilement l'inspirer. En y travaillant, l'auteur chantait encore les louanges de Dieu et s'occupait à procurer sa gloire.

Nous trouvons très-beaux ces vers sur la brièveté de la vie :

Omnia paulatim letho nos applicat hora, Hoc quoque quod loquimur tempore præmo- rimur ;

Et per fallaces tacito melimine cursus Urget supremos ultima vita dies.

Quum cibus et somnus, dum verba et pocula mulcent, Sive domo sedens, seu peregrina petas,

Chaque heure qui s'écoule nous rapproche du trépas ; l'instant où je parle est déjà du domaine de la mort.

Par une marche qui nous dérobe ses progrès insensibles, la dernière des heures presse le pas du dernier de nos jours.

« Pendant que tu manges et pendant que tu dors ; pendant que tu t'enivres de vin et de paroles ; alors que tu es assis dans ton logis et lorsque tu marches au dehors ;

Dumque geris quodcumque geris, vel non geris [invito, Mors movet alternum nil remorata pedem. Cereus et cæcæ positus sub tempore noctis Compensare diem luminis officio,

Dum non sentimus, lento consumitur igne : Semper et ad finem flamma vorax properat ;

Sic hominum res est, pereunt quæcumque ge- runtur, Proficit et moritur quod sibi vita trahit. »

Pendant chacune de tes actions volontaires ou involontaires, la mort, que rien n'arrête, avance, avance toujours.

De même que le flambeau que nous allumons, pour tromper les ténèbres de la nuit et remplacer la lumière du jour,

Se consume lentement sans que nous nous en apercevions et que la flamme se hâte de ronger la matière soumise à son activité ;

Ainsi en est-il de l'homme et de sa destinée : tout périt ; ce qui a le plus brillé passe, et la vie elle-même se résout dans la mort.

Vie 04 / 07

Arrivée à l'évêché d'Auch

Acceptant sa charge après le miracle de son bâton fleurissant, Orens entre à Auch où il opère des guérisons collectives.

Ainsi s'écoulaient ses jours, lorsque les députés de l'église d' Auch Auch Orens courbe la tête et se dirige vers Auch. vinrent lui apprendre les ordres du ciel et le conjurer de ne point se refuser aux vœux empressés d'un peuple qui l'attendait. L'humilité est le sceau de la sainteté, et même de tout vrai mérite. Orens, se jugeant complètement indigne de la haute dignité qu'on lui déférait, refusa de croire à ce que ce récit avait de flatteur, et sans en entendre davantage, il prit aussitôt le bâton de voyageur, et déjà il se préparait à fuir ; mais arrêté par les députés et craignant, sur leurs assurances redoublées, de résister à Dieu, il pria le Maître suprême de lui faire connaître plus spécialement sa volonté. Sa prière était à peine finie, que le bâton qu'il tenait à la main prend racine, étend ses rameaux, et se couvre d'un vert feuillage. À la vue de ce miracle, Orens courbe la tête et se dirige vers Auch. Quand il fut près d'entrer dans ses murs, tous les malades qui y étaient renfermés se trouvèrent subitement guéris. Ce second miracle acheva de lui gagner les cœurs. Les habitants s'empressèrent de sortir à sa rencontre pour lui témoigner leur joie et leur reconnaissance.

Mission 05 / 07

Éradication du paganisme

L'évêque détruit les monuments païens, notamment un temple d'Apollon sur le mont Nervica, pour y bâtir une église dédiée à saint Cyr et sainte Julitte.

Le nouveau pasteur se dévoua au salut de ses ouailles. Quoique la croix brillât depuis longtemps sur le front des Césars, le paganisme comptait encore, surtout dans les provinces reculées, des sectateurs nombreux. Orens s'attacha d'abord à l'extirper de son diocèse. Dans ce but, non-seulement il combattit les rites idolâtriques, mais encore il abattit tous les monuments qui, en rappelant le souvenir des fausses divinités, en perpétuaient le culte. Là, où l'ami des arts est tenté de gémir, l'homme doué d'un sens pratique ne peut refuser son assentiment. Avant tout, il fallait ramener la société égarée dans les voies de l'erreur.

Aux portes de sa ville épiscopale, sur une montagne appelée alors Nervica ou Nerveia, s'élevait un temple célèbre consacré à Apollon. Orens s'y transporta, le détruisit, et sur ses ruines il éleva une église en l'honneur du jeune enfant Cyr Cyr il éleva une église en l'honneur du jeune enfant Cyr. et de sa mère, sainte Julitte sainte Julitte et de sa mère, sainte Julitte, martyrisée ensemble sous Dioclétien. , martyrisée ensemble sous Dioclétien. Du nom légèrement altéré de cette tendre et innocente victime, le mont s'appela depuis Saint-Cric.

Contexte 06 / 07

Médiation politique et conflit

Orens agit comme médiateur pour le roi wisigoth Théodoric Ier face au général romain Lictorius lors du siège de Toulouse.

Ce départ consterna ses ouailles. Elles avaient pu se montrer indociles et rebelles, mais elles n'en avaient pas moins chéri leur pasteur et vénéré ses hautes vertus. On courut après lui en lui promettant une vie nouvelle. Le Saint se laissa toucher à ces sentiments, et sacrifiant son amour pour la retraite à l'espoir de sauver les âmes, il retourna vers le troupeau qui le redemandait, et au milieu duquel son ministère porta désormais les fruits les plus abondants. Ses succès, ses talents, sa piété et les miracles nombreux dont Dieu se plaisait à relever les vertus de son serviteur, le plaçaient à la tête des évêques d'Aquitaine. Ainsi son nom se présenta naturellement à Théodoric Ier Théodoric Ier son nom se présenta naturellement à Théodoric Ier, roi des Wisigoths-ariens. , roi des Wisigoths-ariens, lorsque ce prince, assiégé dans Toulouse par Lictorius Lictorius Théodoric Ier... assiégé dans Toulouse par Lictorius. , lieutenant du célèbre Aétius Aétius Lictorius, lieutenant du célèbre Aétius. , lui envoya en députation quelques prélats orthodoxes de ses États pour demander la paix ; mais Lictorius reçut les prélats avec hauteur et presque avec mépris ; et trompé par les vaines promesses des aruspices et des devins, qui lui assuraient qu'il entrerait en triomphe dans Toulouse et qu'il prendrait le chef des ennemis, il repoussa toutes les propositions d'accommodement.

Pendant que le général romain repaissait son orgueil de la pensée d'une victoire certaine, Théodoric, nous dit Salvien Salvien Théodoric, nous dit Salvien, s'humiliait devant le Dieu des armées. , s'humiliait devant le Dieu des armées, et couvert d'un cilice, il se prosternait souvent en prières. Il se releva enfin avec confiance pour marcher au combat. L'amour de la gloire d'un côté, la nécessité de l'autre, rendirent longtemps l'action sanglante et douteuse. Peut-être l'avantage fût-il resté aux Romains, si Lictorius, se jetant trop en avant dans la mêlée, n'eût été fait prisonnier. Cette prise, en décidant le succès, termina le combat et commença les ignominies du lieutenant d'Aétius.

Conduit à Toulouse, il dut y subir un triomphe bien différent de celui que se promettait sa présomption, et que lui avaient prédit ses imprudents conseillers. On lui prodigua tous les outrages dont peut se souiller un vainqueur en délire. Placé à reculons sur un âne, on le promena dans toutes les rues, les mains liées derrière le dos et le corps chargé de chaînes pesantes. On le confina ensuite dans un cachot ténébreux, où durant cinq ou six mois on lui jeta un pain noir destiné à irriter sa faim sans le satisfaire, et après qu'une si longue et si cruelle maladie l'eût rendu méconnaissable à tous les regards, on finit par faire tomber sa tête sous la hache du bourreau. Dans un sort aussi tragique, les anciennes légendes ne manquent pas de voir la punition de l'outrage fait à saint Orens et à ses vénérables collègues.

Vie 07 / 07

Derniers instants et promesse

Averti de sa fin prochaine, Orens reçoit une promesse divine de protection pour ses futurs dévots avant de s'éteindre le 1er mai.

Du reste, cette ambassade, d'autant plus honorable que notre Saint la devait à un prince hérétique, couronna sa vie. Dès qu'il fut revenu à Auch, Dieu lui apparut et lui fit connaître que sa dernière heure approchait. Ici nous laisserons parler un de ses anciens biographes : « Dès lors, sentant approcher son désiré trépas, il fut merveilleusement réjoui et consolé en son âme, et quoique toute sa vie eust esté une continuelle préparation à la mort, il s'arma des Saints-Sacrements pour combattre de nouveau ce dragon infernal, que tant de fois il avait vaincu. Suppliant Nostre-Seigneur de recevoir son âme entre ses mains et que ceux qui, après son décès, auraient recours à lui en leurs ennuis et fâcheries spirituelles, eussent la grâce particulière de chasser l'ennemi d'enfer qui leur causerait ce trouble. Incontinent une voix céleste fut entendue par deux ecclésiastiques témoins de la vision : « Orens, je t'accorde tout ce que tu me demandes en faveur de ceux qui se recommanderont à toy, lesquels invoquants ton secours en toutes les infirmités, tribulations d'esprit, nécessités et angoisses en seront délivrez et ne manqueront jamais de biens temporels en leur besoin ».

« Ainsi, ce saint prélat, dont la mémoire est en bénédiction, finit sa carrière mortelle comme les lampes aromatiques avec une suave odeur, comme les cygnes en chantant mélodieusement ses propres funérailles et comme le phœnix en se consumant dans le feu de sa charité et poussant sa belle âme par un soupir d'amour, mourut dans le baiser du Seigneur le premier mai qui est le jour où l'Église célèbre sa fête ».

Source officielle Les Petits Bollandistes, par Mgr Paul GUÉRIN, camérier de Sa Sainteté Pie IX.

Annexes & entités liées

Données structurées pour l'exploration : événements, miracles, citations, lieux, attributs, patronages et entités importantes citées dans le texte.

Événements marquants

  1. Naissance à Huesca d'une famille noble
  2. Retraite érémitique dans la vallée de Lavedan après la mort de son frère
  3. Élection miraculeuse à l'évêché d'Auch par une voix céleste
  4. Destruction du temple d'Apollon sur le mont Nervica
  5. Ambassade auprès de Lictorius pour le roi Wisigoth Théodoric Ier

Miracles

  1. Voix céleste désignant son nom pour l'élection épiscopale
  2. Ouverture d'une roche pour lui offrir un asile
  3. Bâton de voyageur prenant racine et se couvrant de feuilles
  4. Guérison subite de tous les malades d'Auch à son entrée
  5. Voix céleste à son agonie promettant d'exaucer ses prières

Citations

  • Omnia paulatim letho nos applicat hora, Hoc quoque quod loquimur tempore præmorimur Commonitorium (Avertissement)

Entités importantes

Classées par pertinence dans le texte