Vénérable Magdeleine du Japon
PREMIER JOUR D'OCTOBRE — ANNIVERSAIRES ET COMMÉMORATIONS.
Martyre au Japon
Jeune tertiaire dominicaine japonaise du XVIIe siècle, Magdeleine se consacra à Dieu après le martyre de ses parents. Après une vie d'ermite, elle se livra aux persécuteurs pour soutenir son confesseur. Elle endura d'atroces tortures, dont le supplice du fossé, avant de mourir noyée en 1634.
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MOIS D'OCTOBRE
PREMIER JOUR D'OCTOBRE — ANNIVERSAIRES ET COMMÉMORATIONS.
Origines et consécration
Née près de Nagasaki de parents martyrs, Magdeleine se consacre à la Vierge et se retire dans les montagnes pour mener une vie de pénitence après avoir fui les persécutions.
La Vénérable Magdeleine La Vénérable Magdeleine La Vénérable Magdeleine, du Tiers Ordre de Saint-Dominique, martyre au Japon. , du Tiers Ordre de Saint-Dominique, martyre au Japon.
Née dans un petit village des environs de Nangasaki Nangasaki Née dans un petit village des environs de Nangasaki. , elle était fille de parents si vertueux, qu'ils souffrirent pour la foi un martyre non moins glorieux que cruel. Elle avait vingt-deux ans à cette époque. Se voyant seule et sans appui dans ce monde, elle se prosterna aux pieds de la Vierge du Rosaire, et la supplia avec une tendre effusion de vouloir bien lui tenir lieu de mère. Pour l'y engager irrésistiblement, elle lui consacra sa virginité ; et craignant, d'un côté, de se perdre au sein du tumulte de la ville, de l'autre, de tomber entre les mains des tyrans qui persécutaient avec acharnement notre sainte religion, elle abandonna la maison paternelle, s'enfuit de Nangasaki, se retira dans la solitude des montagnes, où elle mena une vie de pénitence extraordinaire.
Engagement religieux et arrestation
Devenue tertiaire dominicaine sous la direction de Jordan de Saint-Étienne, elle se livre volontairement aux autorités après l'arrestation de son confesseur pour témoigner de sa foi.
Elle ne pouvait, faute de missionnaires, recevoir fréquemment les sacrements ; mais comme elle s'y suppléait par des lectures spirituelles et d'incessantes oraisons, comme elle s'animait toujours davantage à la perfection, son confesseur, le saint martyr Frère Jordan de Saint-Étienne Frère Jordan de Saint-Étienne son confesseur, le saint martyr Frère Jordan de Saint-Étienne, demanda et obtint pour elle l'habit de tertiaire. , demanda et obtint pour elle l'habit de tertiaire. Elle n'avait pas encore fait sa profession, et deux ans ne s'étaient pas écoulés depuis qu'elle habitait le désert par crainte des tyrans, lorsque ceux-ci firent arrêter son saint confesseur. À cette nouvelle, Magdeleine quitta la montagne, descendit à la ville, courut directement à la prison, et demanda avec instance qu'on l'incarcérât comme chrétienne et disciple du vénérable confesseur. Les geôliers résistèrent à ses supplications ; mais, enflammée de l'amour divin, elle alla se présenter à l'audience, y prêcha la religion avec une admirable liberté, déclara qu'elle désirait mourir pour sa foi, afin d'être la digne fille de ses parents, la digne élève de son maître ; et parla de telle sorte, que les juges ordonnèrent enfin qu'elle fût conduite en prison.
Résistance aux promesses et premiers supplices
Elle refuse les promesses de mariage et de richesse, subissant avec sérénité le supplice de la suspension par les bras.
Ceux-ci, la voyant jeune et belle, mirent tout en œuvre pour la détacher de sa foi. Ils lui promirent des richesses, un mariage avantageux, des honneurs pour son mari ; mais la vertueuse vierge leur répondit avec constance et dignité : « Ne serait-ce pas folie d'abandonner les richesses et les honneurs célestes qui sont éternels, pour les richesses et les honneurs terrestres qui doivent finir, de quitter le divin époux Jésus-Christ pour un époux de ce monde ? »
Les juges, blessés de sa résistance, tentèrent la voie de la rigueur ; mais ne voulant pas répandre son sang, ils la firent suspendre par les bras. Durant plusieurs heures qu'elle passa dans cette cruelle position, elle ne poussa pas même un soupir ; au contraire, voyant que les cordes qui la liaient se lâchaient, elle en avertit les bourreaux, afin qu'ils l'attachassent plus fortement ; et comme ils n'en firent rien, elle tomba et frappa violemment le sol. Les juges, la croyant vaincue, lui demandèrent si elle voulait abandonner sa religion ; mais elle leur répondit avec un sourire modeste, qu'il était humiliant pour elle d'être traitée comme une enfant à qui on n'impose que des tourments légers. « Soyez certains », ajouta-t-elle, « que j'en souffrirais de beaucoup plus fortes sans me séparer de la foi et de l'amour de Notre-Seigneur Jésus-Christ ».
L'escalade de la cruauté
Les juges lui infligent des supplices atroces, notamment des roseaux brûlants sous les ongles et des ingestions forcées d'eau, sans parvenir à briser sa détermination.
Les tyrans, irrités de cette courageuse réponse, résolurent d'épuiser contre cette invincible vierge toute leur fureur. Ils ordonnèrent qu'on lui enfonçât la pointe d'un roseau brûlant sous l'ongle de chaque doigt, et, comme si un aussi horrible tourment n'eût pas suffi pour effrayer une jeune fille, ils ordonnèrent encore qu'elle creusât la terre avec ces mêmes roseaux. Le juge principal, furieux d'être bravé par une aussi jeune fille, ne voyant dans la patience de Magdeleine qu'une raillerie à son autorité, honteux d'ailleurs de ne pouvoir tenir la parole qu'il avait donnée à l'empereur de soumettre les chrétiens, ordonna qu'on la suspendît par les pieds en lui plongeant la tête dans une chaudière pleine d'eau, et qu'on l'en retirât au moment où elle commencerait à être suffoquée, pour lui demander si elle persistait dans la profession de la foi chrétienne. On renouvela plusieurs fois cette cruelle épreuve, mais Magdeleine en sortit toujours victorieuse.
Cependant le tyran ne voulait pas se tenir pour vaincu ; il ordonna donc qu'on lui fît boire de l'eau jusqu'à ce qu'elle enflât comme une outre, puis qu'on l'étendît en cet état sur le sol, et qu'on lui posât sur le ventre une pierre très-pesante. Les bourreaux l'injectèrent avec une effroyable brutalité par la bouche, les narines, les oreilles et même les yeux ; mais en vain recommencèrent-ils à plusieurs reprises, notre héroïque vierge se montra chaque fois plus vaillante. Alors le tyran perdit tout espoir de triompher de Magdeleine, et il la condamna à l'horrible supplice du fossé. On la tira de sa prison, en compagnie de plusieurs autres confesseurs, et on la fit promener à cheval, avec une grosse corde au cou, les mains liées derrière le dos. Lorsqu'elle fut arrivée au lieu où l'attendait le plus épouvantable supplice,
Le supplice final du fossé
Condamnée au supplice du fossé, elle survit miraculeusement trois jours en chantant des louanges avant d'être noyée suite à la fureur du juge.
on la pendit par les pieds à une potence, en lui plongeant la tête et tout le haut du corps dans un fossé ou trou profond, creusé au pied de son gibet ; on lui attacha deux énormes planches autour de la ceinture, on les serra fortement au moyen d'un écrou, et l'on posa sur ces planches deux grosses pierres, dont le poids, qui étouffait notre Sainte, fit couler son sang par la bouche, le nez et les yeux. Ce martyre si violent, Magdeleine le souffrit avec une patience admirable pendant trois jours et demi, sans boire ni manger, et chantant doucement les louanges du Seigneur avec une incroyable allégresse. Les juges, pensant que les sentinelles qui la gardaient sous peine de la vie avaient été subornées, et ne pouvant la croire vivante encore après tant de jours de tourments, se rendirent en personne auprès d'elle, et furent témoins du prodige qu'ils refusaient d'attribuer à la main du Très-Haut. Ayant demandé à la sainte martyre comment elle pouvait vivre un aussi long temps sans manger et sans boire, au milieu de semblables tortures, elle leur répondit : « Puisque vous m'interrogez, sachez que je ne suis pas morte de ces tortures, parce que le Dieu que j'adore et pour l'amour et la foi duquel je les souffre, me soutient ; je suis sous sa main, qui me soulage et daigne me caresser doucement ».
À ces mots, le juge principal, transporté de fureur, rompit la corde qui retenait Magdeleine ; notre Sainte tomba au fond du trou et s'y frappa si rudement la tête, qu'elle resta à demi morte. Il plut beaucoup la nuit suivante, le fossé se remplit d'eau, notre héroïque vierge y fut étouffée. Ce fut ainsi, qu'après avoir souffert tant et de si cruels tourments, elle termina sa carrière terrestre et passa dans la céleste demeure que le Seigneur lui avait préparée. Ce glorieux martyre eut lieu au commencement d'octobre, en 1634.
Commémorations des martyrs de la Révolution
Le texte recense de nombreux prêtres et religieux français et belges morts en exil ou en déportation (Guyane, Rochefort) pour avoir refusé les serments révolutionnaires.
## IIe JOUR D'OCTOBRE
## ANNIVERSAIRES ET COMMÉMORATIONS.
François Després, né à Marcilly (Cher, arrondissement de Sancerre, canton de Sancerguès), chanoine de la collégiale de Dun-le-Roi (arrondissement de Saint-Amand-Mont-Rond) ; ne fit aucun des serments révolutionnaires ; arrêté en 1797 ; déporté à la Guyane le 13 mars de l'année suivante ; débarqué dans le port de Cayenne, puis relégué à Sinnamuri ; mort en exil à l'âge de soixante-quatre ans, et inhumé dans l'île d'Aix. 1798.
Jean-Baptiste-Joseph Exnoult, prêtre et religieux de l'Ordre des Chartreux, sous le nom de Dom Vincent, dans leur maison de Val-Dieu (diocèse de Séez) ; retourna, après la dissolution (1791) de son cloître, au diocèse de Chartres, son pays natal ; emprisonné pour refus de serment en 1793, puis déporté au-delà des mers ; mort en exil et inhumé dans l'île Madame. 1794.
Marion de Frémery, né à Nancy (Meurthe), chanoine de l'église cathédrale de Metz ; resta dans cette ville après la dispersion de son chapitre et refusa le serment constitutionnel de 1791 ; prêta, puis rétracta celui de liberté-égalité de 1792 ; arrêté en 1793 et jeté dans les prisons de Metz, puis déporté au-delà des mers ; mort en exil à l'âge de cinquante-huit ans, et inhumé dans l'île Madame. 1794.
Georges-Edme René, né à Vézelay (Yonne, arrondissement d'Avallon), prêtre et chanoine de l'église collégiale de cette ville ; ne fit aucun des serments révolutionnaires et resta dans sa ville natale après la suppression de son chapitre ; arrêté en 1793 et conduit à Rochefort pour être déporté au-delà des mers ; mort en exil à l'âge de quarante-sept ans, et inhumé dans l'île Madame. 1794.
Arnaud-François Wliegen, né à Montaigu (diocèse de Louvain) en 1753, membre de la Congrégation des prêtres de l'Oratoire ; ne fit aucun des serments antireligieux ; arrêté le 5 septembre 1797 ; conduit à Rochefort et déporté au-delà des mers le 25 mars de l'année suivante ; mort à Konanama, à l'âge de quarante-cinq ans. 1798.
PIERRE DE BÉRULLE PIERRE DE BÉRULLE PIERRE DE BÉRULLE, cardinal, fondateur de la Congrégation de l'Oratoire de France. , cardinal, fondateur de la Congrégation de l'Oratoire de France. 1629.
La Mère Anne-Victoire de Méjanès Anne-Victoire de Méjanès La Mère Anne-Victoire de Méjanès, fondatrice de la Congrégation des sœurs de Sainte-Chrétienne. , fondatrice de la Congrégation des sœurs de Sainte-Chrétienne ; née le 11 mai 1765 à Distroff, près de Thionville, de Nicolas Tailleur et de Jeanne Roisseau ; morte en grande réputation de sainteté, dans la soixante-quinzième année de son âge, après trente ans de profession religieuse. 1837.
Annexes & entités liées
Données structurées pour l'exploration : événements, miracles, citations, lieux, attributs, patronages et entités importantes citées dans le texte.
Événements marquants
- Consécration de sa virginité à la Vierge du Rosaire
- Retraite dans la solitude des montagnes de Nangasaki
- Réception de l'habit de tertiaire de Saint-Dominique
- Arrestation volontaire pour suivre son confesseur
- Supplice du fossé pendant trois jours et demi
Miracles
- Survie miraculeuse pendant trois jours et demi suspendue par les pieds sans nourriture ni boisson
- Sensation de caresses divines apaisant ses tortures
Citations
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Ne serait-ce pas folie d'abandonner les richesses et les honneurs célestes qui sont éternels, pour les richesses et les honneurs terrestres qui doivent finir ?
Texte source, interrogatoire -
Je suis sous sa main, qui me soulage et daigne me caresser doucement.
Texte source, réponse aux juges