28 octobre 9ᵉ siècle

Saint Remi de Lyon

VINGT-DEUXIÈME ABBAE DE SAINT-OYEND, ET ARCHEVÊQUE DE LYON (875).

Vingt-deuxième abbé de Saint-Oyend, et Archevêque de Lyon

Fête
28 octobre
Décès
28 octobre 875 (naturelle)
Nom latin
Remigius
Catégories
archevêque , abbé , théologien
Époque
9ᵉ siècle
Lieux associés
Gaules (FR) , Lyon (FR)

Archevêque de Lyon et abbé de Saint-Oyend au IXe siècle, Saint Remi fut une figure majeure de l'Église des Gaules. Théologien éminent, il défendit la doctrine de la grâce contre Hincmar de Reims et Gothescale lors de nombreux conciles. Il mourut en 875 après avoir marqué son diocèse par son zèle pastoral et ses écrits savants.

Lecture guidée

5 sections de lecture

SAINT REMI,

VINGT-DEUXIÈME ABBAE DE SAINT-OYEND, ET ARCHEVÊQUE DE LYON (875).

Vie 01 / 05

Ascension et responsabilités

Remi, proche de l'empereur Lothaire, devient archevêque de Lyon en 851 et abbé de Saint-Oyend, cumulant des fonctions civiles et religieuses.

Saint Remi naquit dans les Gaules sur la fin du VIIIe ou au commencement du XIXe siècle. L'histoire ne nous a transmis ni le nom de sa famille, ni celui du lieu de sa naissance. Ses qualités éminentes le firent bientôt apprécier par l'empereur Lothaire qui l'appela à sa cour et lui confia les fonctions de grand-maître de sa chapelle, dignité qui répondait à celle de grand aumônier de France. À la mort de l'évêque de Lyon Lyon À la mort de l'évêque de Lyon, Amoïou... , Amoïou, arrivée le 31 mars 851, saint Remi fut chargé par l'empereur d'administrer les biens de cette Église, et bientôt il fut élu et consacré archevêque de cette ville. Les dignités qui s'accumulaient ainsi sur sa tête ne servirent qu'à faire briller son mérite. L'abbaye de Saint-Oyend L'abbaye de Saint-Oyend L'abbaye de Saint-Oyend, située dans son diocèse, fut encore confiée à son gouvernement , située dans son diocèse, fut encore confiée à son gouvernement, et il unit ainsi dans sa personne le titre d'abbé à celui d'évêque, comme l'avaient déjà fait quelques-uns de ses prédécesseurs. Cependant les charges de l'épiscopat ne l'empêchaient pas de veiller aux intérêts de ses religieux, et il sut profiter de son crédit auprès de l'empereur Lothaire pour défendre son abbaye contre les usurpations des seigneurs du voisinage.

Théologie 02 / 05

La querelle de la prédestination

Le saint intervient dans le conflit théologique opposant le moine Gothescale à Hincmar de Reims, défendant une vision nuancée de la grâce inspirée de saint Augustin.

Les temps étaient alors difficiles pour l'Église de France. Dépouillée d'une partie de ses biens par les méfaits de la guerre, affaiblie dans sa discipline par la faute même de ses pasteurs, elle avait au moins conservé sa foi dans toute sa pureté, lorsqu'un moine allemand, nommé Gothescale, vint troubler cette paix par des discussions inopportunes. Il fut condamné dans un concile tenu à Quercy (849), déposé de l'ordre de prêtrise, fouetté publiquement et relégué dans les prisons du monastère d'Hantvillers. Saint Remi montra dans cette occasion autant de zèle que de prudence. Il adressa à Hincmar, archevêque de Reims Hincmar, archevêque de Reims Il adressa à Hincmar, archevêque de Reims, un ouvrage intitulé : Traité touchant les trois lettres , un ouvrage intitulé : *Traité touchant les trois lettres*, dans lequel il se plaint de la manière cruelle dont on a traité ce malheureux moine, et prouve que plusieurs choses qu'on lui reprochait étaient l'enseignement même des saints Pères; que d'autres étaient des opinions libres, adoptées par les hommes les plus respectés dans l'Église, et que, sur un point seulement, Gothescale était évidemment condamnable, s'il soutenait que nous avons le libre arbitre seulement pour faire le mal, mais que nous ne l'avons pas pour faire le bien. Saint Remi expose d'une manière lumineuse la doctrine de saint Augustin sur la prédestination de la grâce. « On a très-peu d'écrits de ce siècle », dit Dembivet, « où il se trouve plus de théologie, plus d'ordre, plus de méthode, plus de force de raisonnement, plus d'érudition, plus de netteté et de précision de style ». Le zèle un peu trop ardent d'Hincmar ne pouvait s'accommoder de ces tempéraments; mais il oubliait que la vérité se persuade et ne se commande pas. Il assembla un nouveau concile à Quercy-sur-Oise (853), et y fit rédiger quatre articles auxquels saint Remi répondit (854) par le livre intitulé : *De la nécessité de s'attacher inviolablement à la vérité de l'Écriture sainte et de suivre fidèlement l'autorité des Pères de l'Église*. L'année suivante (855) il convoqua un concile à Valence, et y fit confirmer la doctrine qu'il avait développée dans ses ouvrages. Les évêques qui composaient cette assemblée condamnèrent les quatre articles de Quercy. Saint Remi, en prononçant le dogme de la grâce, prononça, avec les autres évêques, anathème à quiconque nierait la liberté humaine et professerait que, par la puissance divine, quelqu'un est prédestiné, au mal comme s'il ne pouvait faire autre chose. Les six canons de doctrine rédigés dans ce concile furent insérés dans ceux du concile de Langres, que saint Remi présida en 829, et le pape Nicolas Ier pape Nicolas Ier le pape Nicolas Ier leur donna son approbation leur donna son approbation. Mais toutes ces luttes que le saint évêque contenait pour défendre la pureté de la foi ne laissaient pas de contrister son âme, parce qu'il voyait une espèce de scission s'opérer dans l'épiscopat de France.

Vie 03 / 05

Un pilier des conciles carolingiens

Remi participe et préside de nombreux conciles à travers la France, s'affirmant comme une figure centrale de l'épiscopat du IXe siècle.

Malgré les dissentiments qui se manifestèrent plusieurs fois entre saint Remi et Hincmar, ces deux grands prêtres furent toujours unis par les liens de la charité sacerdotale; ils étaient alors les phares de l'Église de France et l'âme des conciles. Il n'y eut, dans ce temps, aucune assemblée impérative d'évêques à laquelle saint Remi n'ait assisté et souvent présidé. Nous le retrouvons, en 569, au concile de Touzi, près de Toul; à celui de Soissons, en 595; enfin à ceux de Verheules (569), d'Attigny (570) et de Douzi, près de Mouzon (571).

Vie 04 / 05

Réformes monastiques et diplomatie

Il œuvre pour la discipline monastique, rédige des traités dogmatiques et tente une médiation diplomatique pour le roi Lothaire II.

Le zèle de saint Remi pour le bien général de la religion ne l'empêchait pas de veiller aux intérêts particuliers de son diocèse. Le titre d'abbé, qu'il portait, témoigne assez de l'intérêt qu'il prenait aux institutions monastiques, et il en donna plusieurs fois des preuves par les règlements qu'il dressa dans différents conciles. Il désirait surtout voir fleurir dans les cloîtres, avec les vertus religieuses, l'amour des lettres, presque partout affaibli par le malheur des temps. Outre les deux ouvrages dont nous avons parlé, il en a composé un troisième, intitulé : *Solution d'une question touchant la condamnation générale de tous les hommes par Adam, et la délivrance spéciale des élus par Jésus-Christ*. C'est un traité dogmatique où il discute clairement les questions relatives à la prédestination, d'après les principes de saint Paul et de saint Augustin. Il s'efforça aussi de réconcilier avec le Saint-Siège Lothaire II Lothaire II Il s'efforça aussi de réconcilier avec le Saint-Siège Lothaire II , roi de Lorraine et de Bourgogne, qui avait répudié l'entourage et épousé Waldrade; mais son zèle échoua devant l'indélicatesse du pape Nicolas Ier et la mauvaise volonté du prince. Saint Remi fit aussi plusieurs règlements particuliers pour son église et établit la congrégation des chanoines de Lyon, en soumettant les prêtres de Saint-Just à un abbé particulier.

Postérité 05 / 05

Trépas et postérité

Décédé en 875, ses reliques sont transférées à la cathédrale de Lyon au XIIIe siècle, où son culte demeure vivant.

Tous ces œuvres, inspirées par le zèle le plus pur, lui concilièrent l'affection de tous les gens de bien. Après une vie si bien remplie, Dieu l'appela à lui le 28 octobre 875, et son corps fut inhumé dans l'église de Saint-Just. Ses reliques furent levées de terre en 1287, et transférées le 16 décembre dans l'église cathédrale de Saint-Jean. Sa mémoire est honorée le jour de sa mort, et il est invoqué dans les grandes litanies de l' église de Lyon église de Lyon il est invoqué dans les grandes litanies de l'église de Lyon , avec les autres Saints du diocèse. Du Saussay et Charletsin le mentionnent au 28 octobre, et il est inscrit le même jour dans le supplément au martyrologe romain de Ferrari.

Extrait de la *Vie des Saints de Franche-Comté*, par les Professeurs du collège Saint-François-Xavier, de Besançon.

Source officielle Les Petits Bollandistes, par Mgr Paul GUÉRIN, camérier de Sa Sainteté Pie IX.

Annexes & entités liées

Données structurées pour l'exploration : événements, miracles, citations, lieux, attributs, patronages et entités importantes citées dans le texte.

Événements marquants

  1. Grand-maître de la chapelle de l'empereur Lothaire
  2. Élection comme archevêque de Lyon en 851
  3. Gouvernement de l'abbaye de Saint-Oyend
  4. Opposition aux thèses de Gothescale et aux articles de Quercy
  5. Présidence et participation aux conciles de Valence (855), Langres (859), Touzi (860), Soissons (866)
  6. Translation des reliques le 16 décembre 1287

Citations

  • La vérité se persuade et ne se commande pas. Commentaire du texte sur l'attitude d'Hincmar

Entités importantes

Classées par pertinence dans le texte